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24 avril 2015

by Anthony Lacroix / / Published in Anthony Lacroix

Ouf, ça fait longtemps que je n’ai pas écris ici. Mais bon vous m’excuserez c’était ma fin de session.
Nous en sommes déjà à la dernière ligne droite avant le spectacle et je vous avoue que ça me fait un peu peur. Les textes sont dans ma tête, mais pas encore sur la feuille. Pas de craintes, je pars à rimouski quelques jours profiter du large et du vent pour tout faire sortir. La machine est chaude, car j’écris des poèmes à toute volée en ce moment. Normal me direz-vous, c’est le mois national de la poésie. Voici donc tous les poèmes que j’Ai fait depuis le début du mois. Certain les ont déjà vus, s’ils sont mes amis facebook, mais vous serez content-e-s de voir qu’il y aussi des inédits.

poème no. 1

t’avais le cœur
jouké à bonne hauteur
derrière ton comptoir

toujours les yeux
direct dans les miens

rien à dire après
les grosses journées
je te demandais seulement
comment ta bière allait

j’espérais que tu me répondes:
il faut que le soleil se lève pour le savoir

 

poéme no. 2

t’écrire un poème

sur les divans usés
qui appellent nos corps

février qui a pris avril
pour une couverte

la pluie qui fait
fondre nos pancartes

te chuchoter des mots
juste assez fort

pour ne pas couvrir
le frottement de tes cheveux
dans mon cou

 

poème no. 03

j’aimerais que notre enfant
porte le nom de mon ex
pour avoir du plaisir
à la chicaner

 

poème no 03. B

dans notre ligue

y’avait
deux teams:
le silence
pis la poésie

j’ai pitché mes émotions
au centre
sans rien espérer
de ben grand

le regret
ça fait
partie de la game

y’a rien qui se passe
comme à t.v

on joue away

pas de pauses
pas de fans

juste toé
moé

nos genoux qui flanchent

pis des mots
qui résonnent
partout dans le corps

comme un snap
pas de gants
qui rate
le net

scrape la vitre
pète la sonnerie

c’est 4 à 3
dans le publique
qui se lève

 

poème no. 4

tu m’as fait
un hit and run
avec tes mains

couru mes envies
comme un highway

mes blessures
ont retroussé
dans un crissement
de garnotte

dans’ fumée de ton départ
t’as lancé un dernier regard
dans ton rétro

 

poème no. 4 B

le frette
a fait un hit and run
aux fenêtres

on en a profité
pour revivre
noël

essayer
de faire ça
à notre goût

en famille
ramanchée

on a re déballé
les cadeaux
comme s’ils marchaient
encore

pris un rôle
chacun notre tour
et mangé des crêpes

en se demandant
ce qu’on pourrait
vivre de mieux
cette année

poème no. 5

dormir
à s’en réveiller
les deux pieds gauche
dans la semaine des quatre jeudis

s’être planté
en a avoir raté
trois coches
sur la montre
du lapin

les histoires d’enfants
c’est pas pour moi

j’ai encore des cernes
sous les yeux
et le caractère
d’une reine de coeur
en manque d’alcool

poème no. 6

Écrire
le summum
de l’ordinaire

manger
dormir
s’ennuyer

vivre son poème
de tout son corps

poème no. 7

le
septième
jour

le
poète
prit

une
respiration

 

poème. no. 8

j’ai l’esprit ailleurs.
mes pilules ne font plus effet.

tu me suces.
et je penses aux koalas qui meurent

de la chlamydia.

 

poème no.9

barricade moé les veines.
criss le feu à ma peau.

t’as les bras comme des crow bars
qui se cassent sû mon dos.

j’ai les yeux en injonctions,
recule de 8 pas.

ça brasse,
ça bardasse.

on fait la guerre en streaming.
direct dans ton litte,
din couvertes médiatisées.

laisse-moé pas faire.
ça va faire mal.
ça s’ra pas beau.

comme une machine à liqueur,
caulissée au sol,
en miettes.

j’t’assoiffé,
de tes caresses,
de tes mots doux,

des trucs génériques,
dits tout haut,

des discours neutres,

qui se veulent rassurants,

calmer l’jeu.
pas faire de dégâts.

on va rester amis.
pas de cris,
ni d’émeutes,

y’a assez de vit’es
à péter pour tout le monde.

allez,
prends ton bout.
ça fait du bien.

on manque d’air
en d’dans.

ça pressurise,
ça préventive,
ça rectiligne.

du coup,
qu’on aurait envie:
tout’crisser là.
d’écrire des slogans
qui ressemblent
à des poèmes
sur nos pancartes.

on sait jamais
on aurait peut-être
de façon impromptus:

des bonnes idées,
des images,
des souvenirs.
pas effacés d’nos cells

du coup
qu’on aille
pu envie
d’étudier,
ni d’apprendre
quoi que ce soit.

ça sécurise.
ça réenligne.
ça fuck le chien.

du coup,
qu’on ferait faillite
à force de plus croire
en rien?

tire dans le tas.
dans face.
din jambes.

manque nous pas.

vise l’angoisse,
la peine.

la peur.

les regrets.

si y’a des larmes
pis que t’en reçois
sul chest
c’pas grave.

t’étais trop proche,
mais t’es blindée.

passe à l’autre,
pense à rien.

“tu fais ben ça”

répète toé lé,

un mantra,
une berceuse,
un p’tit murmure,
aux oreilles.

r’garde en avant.

pis passe ton chemin.

 

poème no.10

je te fais
des grands gestes
pathétiques

tente d’expliquer
une histoire
pour laquelle
je manque de mots

tu ne me comprends pas
ou fais semblant de ne
pas comprendre

c’est du pareil au même:
je me sens seul.

 

poème no. 11

le samedi,
la poésie ça prend congé.

ça se lève tard.
ça déjeune à bière.

ça r’pense à son ex.
son enfance.

ce que ça aurait fait
avec d’autres choix.

la poésie
la fin de semaine.
à check son voisin
d’un autre oeil.

l’envi presque.
d’être heureux
du moins,
de n’avoir l’air.

a voudrait:
une tondeuse.
un char.
des enfants.

ça fait des rêves pour la s’maine.

ça vide la bière
ça n’ouvre un’ autre.

ça fait «chin»
avec ceux qui marchent.

ça pense à rien,
ça pense à toute,
c’est surtout triste.

la poésie ça check
son cell.
ça appel pas.

pas sa famille,
ni ses amis.

ça fait pas de plans
ni de projets.
y’a rien qui marchent
de toute façon.

ça se recoucherait,
mais ça le fait pas.

ça grogne.
ça chigne.

ça se plaint.

y’a rien à faire.
c’est faite comme ça.

la poésie
s’tune enfant d’chienne.

s’tun b.s
qui quête dans rue

c’est la vieille folle
dans l’autobus.

la poésie.
à nous fait chier.
à nous fait mal.
à goss.

on l’aime pu.
même pu semblant.

on y dit adieu
avec des fingers.

on y laisse nos livres,
pis notre shampooing.

des trucs qu’on peut
racheter.

la poésie ça vaut rien.

pis on le savait.

on se trouve ben cave
d’avoir essayé.

poème no. 12

j’ai inventé
des mots
acclamiques

dans le matin
qui se levait

pour me donner
un sursis
avant tes lèvres
acétaminophènes

 

poème no. 13

j’fais des ratures
dans mes devoirs
dans mon lavage
dans tes courriels

j’encercle les mots
que je préfère.

me fais une lettre d’amour.

“Je t’aime”

à moi
de toi

qui n’existe
qu’un peu.

 

poème no. 14

fuck-it.

j’peux tu
te cruiser

en te montrant
mes skills
au ps2

à place
d’écrire
un mauvais
poème ?

 

poème no. 15

fuck les impôts
mon diplôme
est international
pas mes dettes

 

poème no. 16

dans un bar,
la poésie
c’est mon ex
qui vomit
j’y tiens pas
les cheveux
mais y payerais
une autre bière
—-

poème no.17

je me suis
défiloché

une main
après l’autre

plus
qu’un tas
de fils
n’indiquant
aucunes
directions

me suis buté

aux labyrinthes
dans ma tête

à n’en devenir
qu’une infrastructure
effondrée
sur elle-même

tu avais
une légende
pour chacun
de tes yeux

et ton amour
était une énigme
insoluble

j’étais déjà
vieux
que nous
ravalions
nos rêves
de fonder
une famille

ensemble
nous étions
maudits

aucune
catharsis
ne pouvait
nous sauver

 

poème no.18

tous les matins
je me réveille
en deux contre un

je m’imagine
toujours
le pire

et en fais
mes plus
beaux
cauchemars

 

poème no.19

il y’a quelque chose
que je n’ai pas compris

aux adieux obligés

aux lettres d’amour
qui ont la forme
d’une carte postale

aux aveux des passions
une fois la douane traversée

comme si chacun
voulait garder un pas
sur la ligne

être de la nationalité
des souvenirs

s’assurer d’un retour
après le départ

 

poème no. 20

à soir,

Plath est morte
une fois de trop

ça sent l’hiver
dehors

et je manque d’alcool
pour baptiser
la nuit.

 

poème no. 21

à 4000 kilomètres

nos voix commencent
à gricher

comme pognées
entre deux postes

le récit
de nos journées
est coupé
en deux

je te parle
du temps
qu’il fait

tu entends :

«ici,
la pluie
ne goûte
pas la mer»

 

poème no. 22

ça bloque
dans gorge

le vide
le frette
l’amour

j’m’étouffe avec

j’bois d’la bière
pour en venir
à respirer
poème no. 23
j’ai repeint
la nuit en blanc.

ça s’agence mieux
avec ce que tu portais.

je fais un noeud
dans mes doigts.

pour ne plus
additionné
le temps
perdu

me suis demandé
ce qui était
si important,

pour n’avoir
jamais réussi
à te le dire.

 

poème no. 24

la nuit griche
aux fenêtre

ce sont les étoiles
qui clignotent

fermes les yeux
les souhaits viendront.

Si vous avez eu le courage de tout lire cochez présent à l’event facebook  du spectacle.